mardi 15 novembre 2016

Petit tour sur la côte Ouest

La semaine passée, on s’est pris un petit week-end prolongé. Ca nous a fait du bien de déconnecter quelques jours ! Mine de rien, quand ton travail est ton projet, ça reste tout le temps dans un coin de la caboche, et ça l’use pas mal ! Alors on a décidé de partir explorer une région du Pérou qui nous était inconnue pour l’un comme pour l’autre : la côte Pacifique Sud.

Neuf heures de bus plus tard, nous voilà arrivés à Nasca ! Au programme : survol des fameuses lignes de Nasca en petit coucou le dimanche matin et visite de la ville l’après-midi avant de partir pour le port de Paracas. 

Nasca

Les lignes de Nasca représentent un phénomène encore inexpliqué par l’Homme (ou en l’occurrence, par la femme, puisque c’est une archéologue allemande qui y a dédié sa vie et ses recherches au début du siècle dernier, sans trouver d’explication concrète à ces artefacts). Il s’agit d’un ensemble gigantesque de lignes et de dessins formés par des petits murets de roches sablonneuses dans le désert de Nasca, à une dizaine de kilomètres de la ville du même nom. Ces lignes datent de l’époque de Nasca, s’étalant sur les premiers siècles  du Ier millénaire. Figures anthropomorphiques, animales ou géométriques, parfois de tailles moyennes, parfois gigantesques… Mais que pouvaient-elles bien signifier ? Pourquoi ont-elles été érigées ? Et surtout, comment ? Appréciables depuis les airs, il est très difficile de les appréhender depuis la terre (c’est d’ailleurs pourquoi il a fallu attendre le XXème siècle pour que quelqu’un les découvre !). L’hypothèse la plus réaliste semble celle de l’expression d’un culte : il s’agirait de messages iconographiques dirigés vers des dieux ancestraux. Mais les explications les plus loufoques ont fleuries depuis la découverte du site : certains pensent qu’il s’agirait de coordonnées d’astronomie ou encore… d’une piste d’atterrissage pour soucoupe volante ! Le mystère reste entier, mais en tous cas l’impression est époustouflante.
Cela dit, le paysage n’est pas le seul à couper le souffle… Le petit avion qui nous a fait virevolter au-dessus de cette énigme archéologique nous a bien remué l’estomac. Après deux-trois loopings, j’y ai même laissé mon petit-déjeuner! Bon, même si l’expérience a été un peu tâchée par mon estomac fragile, c’était quand même assez ouf !

Le désert de Nasca


Ah oui, ça tourne quand même!

Le colibri

L'extra-terrestre ou l'astronaute (sur la montagne)




Avant le drame, je faisais encore la maligne! Décollage! Maman, sensations garanties!


6 places + 2 pilotes.

Le perroquet

La balance qui a servi à nous peser avant de monter dans l'avion! Tout est mesuré et équilibré, c'est pourquoi je n'étais pas à côté d'Alex dans l'avion: mon gros pétard a été relégué à l'arrière pour faire contre-poids!

Notre bolide

Le crocodile et un rectangle, transpercés par la Panamericana.

Le singe aux 5 doigts.

Un autre oiseau.

Figures géométriques

Figures géométriques dans les méandres de sables du désert



Le singe

Avant le départ (à l'arrivée, j'étais plutôt verte)

Rigole, rigole... on verra bien qui rigolera vers la fin !

Le condor

L'araignée

Musée archéologique des cultures pré-incas de la zone de Paracas

Un petit air de Slipknot, ou c'est moi?


Ceci est un cactus!

Paracas

Une fois remis de nos émotions, nous sommes partis direction Paracas. Il s'agit d'un petit port de pêche sur la côté, situé aux portes du parc national de Paracas, ce majestueux désert de plusieurs milliers d’hectare le long du Pacifique. Le village de Paracas est aussi le port d’accès aux îles Ballestas, ou guaneras, tirant leur nom de l’or blanc qui faisait la richesse du Pérou dans le passé : le guano (ou la crotte d’oiseaux quoi !). Sur ces îles, des dizaines de milliers d’oiseaux élisent domicile chaque année depuis des décennies. Résultat : la roche volcanique se recouvre peu à peu d’une couche de guano, que les marins dans le passé allaient récupérer en gros blocs qu’ils revendaient comme engrais sur tout le continent (un sacré business qui vaudra même une guerre contre le Chili à la fin du XIXème, pour savoir à qui reviennent la possession d’autres îles guaneras au large de Lima). Bref, la région s’est bien enrichie grâce aux généreux dons des oiseaux ! Mais si des petits bateaux emmènent tous les jours des dizaines de touristes lever leur nez (ou plutôt boucher leur nez) sur les îles Ballestas, ce n’est pas précisément pour humecter le doux fumet de l’or blanc. Non, ce que viennent voir les touristes - outre les nombreuses espèces d’oiseaux - c’est la colonie de lion de mer qui s’est autoproclamée coloc’ des pélicans et autres pingouins. Il y en a des tonnes, qui jonchent les rochers au gré des marées. C’était très rigolo de pouvoir observer tout ce beau monde !

Le port de Paracas a beaucoup grossi suite au développement du tourisme. Il faut dire que la région est vraiment magnifique et surprenante. Mais la pince n’était pas aux anges : les prix sont plus forts qu’ailleurs, et la zone ne regorge malheureusement pas seulement de lions de mer, mais aussi et surtout de gringos et de touristes péruviens venus de Lima. Heureusement qu’on était en saison basse !


Le désert rougeoyant de Paracas, à la roche volcanique

Notre guide Juan, cherchant des fossiles!

Ca décoiffe!





Tentative de photo: ratée. Mode choucroute: activé.

Un lion de mer mystérieusement échoué sur la plage... Il n'était pas le seul, on en a compté 3.
Après avoir mené notre petite enquête, les meurtriers sont en fait les pêcheurs! Devant la concurrence de ces habitants des eaux friands de poissons, ces hommes les abattent lâchement, et leurs corps sont ramenés par les eaux sur le littoral. Quelle triste vision.

La plage rouge.

Quelles couleurs!



Les pélicans rôdant autour du village de pêcheurs

"Un vasito de leche de tigre por favor!" Du lait de tigre? Mais c'est quoi ça? Et bien c'est tout simplement le jus du ceviche qu'ils servent en apéritif. Piment et citron vert, ça réveille!

Un ragoût de fruits de mer







Un flamand rose sur la plage de Paracas


Jus de fruits frais: mangue, fruits de la passion, fraise!

:)

Après une partie de cartes endiablée, un petit Pisco Sour qui va bien!

Les îles Ballestas



Un lion de mer qui prend le soleil

Dialogue entre un pingouin et un pélican


Contorsionnistes 

Ouf, trop fatigué. Moi je m'arrête là!


La passerelle de l'époque de l'exploitation du guano


A chaque étage

Coucou toi !



Un petit déj' typique sur la plage: tamal et pain dans une feuille de bananier!

Ica

Pour terminer notre périple, nous sommes allés à Ica, capitale de la région. Une ville authentique, chaotique, chaude et bruyante comme on les aime ! Nous n’avons malheureusement pas pu nous y arrêter très longtemps, mais l’aperçu général nous a bien plu ! Nous avons visité une fabrique de Pisco, le fameux alcool de raisins, fierté nationale du Pérou. Puis nous sommes allés à l’oasis de Huacachina, alias gringo paradise. Au fond d’une dune de sable, derrière la ville d’Ica, se trouve cet étrange oasis naturel répondant au nom de Huacachina. C’est dans ce creux vert formé par un lac et ses abords qu’une marée de touristes occidentaux échouent, ou plus précisément dans les hamacs des auberges de jeunesse avec piscines résonnant au boum-boum de l’électro-house internationale. Miam. Comme on avait bien imaginé, l’ambiance ne nous a pas vraiment séduits ! Mais nous sommes restés tout de même jusqu’au coucher du soleil pour admirer la dernière révérence d’Inti du haut de la dune. Un joli moment. Mais voilà qu’il est temps de regagner la station de bus pour douze heures de trajet de nuit, parce que demain : au travail !

Alambique géant dans la fabrique de Pisco

Keu-wah?!

Il est comment ce Bourgogne? Et bien très sucré, presque un petit goût de vin doux!

Huacachina







Les pueblos jovenes de Ica, en plein coeur du désert... 



L'oasis vu du haut




samedi 12 novembre 2016

Des nouvelles de K'iranakuy

La semaine dernière, j’ai donc proposé aux jeunes de mon tié-kar un atelier sur le courrier électronique. Et oui, de nos jours tout passe par l’Internet ! Postuler pour une université, demander un travail, faire sa demande de bourse… Autant de choses qui nécessitent une adresse virtuelle. L’objectif de l’atelier est donc dans un premier temps d’apprendre à créer sa boîte de courrier électronique (avec Gmail), et savoir en utiliser les principales fonctions (pièce jointe, objet…). La deuxième partie de l’atelier visait la rédaction de mail formel. Oui, les petiots ont tendance à nous écrire : « ola k tal miss ? » sans vraiment se préoccuper de l’orthographe ou du niveau de langue… Rédhibitoire à l’heure de trouver un travail ! Voici la fiche d’activité que je leur ai proposé :

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TALLER DE CORREO ELECTRONICO

Una vez que ya te creaste tu correo electrónico y sabes utilizar las funciones de este, vamos a aprender cómo escribir un correo formal (por ejemplo para pedir un puesto de trabajo, informaciones, contacto…). Son 9 pasos:

1. Usa una dirección de correo electrónico neutra. Tu dirección de correo electrónico debe ser una variación de tu nombre real, no un apodo ni un nombre de usuario. Usa el punto, los guiones o los guiones bajos para asegurarte de que tu dirección de correo electrónico sea simplemente tu nombre, sin números o letras adicionales, si es posible.
·         Nunca uses una dirección de correo electrónico poco profesional. Nadie tomará en serio una respuesta de un correo electrónico como monseñor.sabelotodo@solofiesta.net.

2. El asunto debe ser corto y preciso. Evita decir mucho en la sección del asunto, pero asegúrate de que refleje el contenido de tu correo electrónico para una persona que no te conozca. Si es posible, incluye una palabra clave que haga que el contenido del correo electrónico sea más fácil de recordar o de buscar en una bandeja de entrada muy llena. Por ejemplo, "Reunión 12 de marzo" es lo suficientemente específico como para que no se confunda con otros asuntos y no es tan específico que distrae (por ejemplo, "Horario, lista de invitados, ordenes de almuerzos y resumen de reunión el 12 de marzo").

3. Escribe un saludo adecuado. Lo ideal es dirigirse a alguien por su nombre. Usa el título de la persona (Sr., Sra., Señorita o Dr.) con su apellido, seguido de dos puntos (:). Opcionalmente, puedes anteceder al saludo con "Estimado" ("Hola" también es aceptable, pero más informal). Usar el apellido es más formal y debe usarse a menos de que tengas una relación en la que te tuteas con el receptor del correo electrónico. Si no sabes el nombre de la persona a la que le vas a escribir (debes tratar de averiguarlo), usa: "Estimado Sr. o Sra." o "Estimado Señor o Señora" seguido de dos puntos (:).

4. Preséntate en el primer párrafo. También debes incluir la razón por la que estás escribiendo y cómo encontraste dirección de correo electrónico de la persona o sobre la oportunidad por la que estás escribiendo. Por ejemplo:
·         Mi nombre es Edgar Rivera. Me comunico con usted para hacer una solicitud para la posición de asistente administrativo que aparece en trabajoXYZ.com.
·         Mi nombre es Alma Rivera. Le escribo sobre la citación de tránsito que recibí el 31 de diciembre de 2009. Obtuve su dirección de correo electrónico en la página web de la Secretaría del Condado de Panorama.

5. Escribe el mensaje en sí. ¡Asegúrate de ir directo al grano y no divagues! Si se adorna mucho, el lector podría pasar de largo los detalles importantes. Trata de separar el mensaje en párrafos por tema para que sea más lógico y asimilable.
·         El correo electrónico no debe ser de más de 5 párrafos de largo, y cada párrafo no debe ser de más de 5 oraciones.
·         Deja una línea en blanco después de cada párrafo. La sangría no es necesaria.
·         Evita escribir coloquialmente.

6. Usa la forma correcta de despedida. Esto depende del nivel de confianza con el receptor del correo electrónico. Algunos ejemplos son:
·         Atentamente,
·         Le saluda cordialmente,
·         Respetuosamente,
·         Saludos,

7. Firma con tu nombre completo. 

8. Revisa tu mensaje para ver errores en el contenido. Asegúrate de no omitir ningún detalle importante (o revisa si fuiste redundante). Leer tu mensaje en voz alta o pedirle a alguien que revise tu correo electrónico es una buena manera de conseguir una perspectiva diferente sobre lo que has escrito.

9. Revisa tu mensaje para encontrar errores ortográficos y gramaticales. Si tu proveedor de correo electrónico no te proporciona la opción de revisión ortográfica, copia y pega tu correo electrónico en un procesador de palabras. Arréglalo si es necesario y luego cópialo y pégalo de nuevo a tu correo electrónico.

¡ Ahora practica !

v  Encuentra un asunto posible para los siguientes correos:





v  Encuentras este anuncio en el periódico. Postulas mandando un correo electrónico a la dirección indicada en el anuncio.


SE NECESITA MOZO

Se necesita mozo: para trabajar en el restaurante EL BUEN SABOR PERUANO, ubicado en Socabaya. Se buscan personas sin o con calificación/experiencia, pero con sonrisas y motivación. Saldo: 5 Soles/hora. Dos turnos/día: almuerzo y cena, de las 11 AM a las 9 PM. No se atiende el lunes. Si interesado/a, mandar un correo a kiranakuy@gmail.com 



RECUERDA: cada vez que te conectas a tu correo electrónico, CIERRA TU CUENTA con el botón “desconexión”. Si no lo haces, la siguiente persona que utilizará la máquina podrá ver todos tus correos y mandar corres con tu dirección.

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J’avais pris rendez-vous avec les jeunes, le mercredi après-midi et le samedi matin. Message sur Facebook, messages sur les téléphones… Des 30 invités, sont venues… 2 filles ! Bon, c’est déjà ça vous me direz ! Mais quand même, que c’est dur d’organiser quelque chose dans ce pays ! Après réflexion, je me suis rendue compte du cultural gap. Chez nous, on préfère être prévenu à l’avance, parce que nos emplois du temps sont établis et suivis à la lettre. Mais ici, le temps a une toute autre valeur… Le bus n’a plus d’essence et s’arrête 15 minutes faire le plein pendant que le conducteur prend son déjeuner au boui-boui du coin? Je me retourne pour regarder la réaction des gens dans le bus avec moi. Je suis la seule à regarder ma montre, à envoyer un message à la personne qui m’attend. Les autres personnes autour de moi sont sereines. Ca fait partie de leur emploi du temps, ces contre-temps. Alors quand j’arrive avec mes gros sabots et mes rendez-vous une semaine à l’avance, bah… ça ne marche pas trop comme vous pouvez le voir. Par contre, si je vais toquer aux portes 10 minutes avant le début de l’activité, là je suis sûre de pouvoir compter sur eux. J’ai trouvé la parade : il me faut moi-même devenir un contre-temps !!

 Quelques images...

Mon compagnon d'infortune, quand j'attends désespérément mes petits élèves...
Celui-ci m'a d'ailleurs fait un gros "câlin" quand je l'ai rencontré pour la première fois, il m'a regardé
 puis a posé ses deux pattes de devant su les épaules! Euh... t'es mignon mais tout sale et quand même sacrément gros!!
Depuis, il ne me lâche pas d'une semelle quand je traîne les rues de San Isidro pour coller des affiches ou toquer aux portes!

En attendant Mauricio...

Atelier courrier électronique avec Melania

De même avec Flor de Maria

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De retour de notre week-end sur la côte Pacifique – article à venir – je n’ai pas eu une minute à moi. C’est ça de prendre des vacances ! Après le bus de nuit, arrivée à Arequipa à 9h, douche et petit déjeuner, dans la combi à 11h pour arriver à 13h au collège de Mollebaya pour un autre atelier : comment étudier de manière efficace. En effet, on s’est rendu compte avec Rachel que la tâche principale demandée aux élèves des collèges-lycées ici, c’est de réciter. Par cœur. Miam, que c’est intéressant et formateur. Du coup on a décidé de proposer un atelier pour mettre l’accent sur les techniques et la méthodologie pour étudier de manière efficace. Voici mon Powerpoint :











Avec un petit peu de relaxation/sophrologie pour apprendre à se concentrer, ça les a bien surpris !
Je m’attendais à mener cet atelier avec seulement la classe de terminale (soient 14 élèves), mais c’est finalement tous les élèves du lycée qui ont participé (soient… 35 !). C’était chouette d’avoir du public J . La partie pratique se fera sur une autre séance, prévue en décembre.



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Quand au colegio Corazon de Jesus, il n'a pas été oublié cette semaine. Jeudi, notre ami Juan Carlos du bureau national des bourses est venu faire un petit topo sur la Beca 18, le Saint Graal de tout jeune étudiant péruvien. Comme deux classes n'ont pas pu assisté à la présentation, je vais la leur donner la semaine prochaine! Pas de jaloux!




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Vendredi après-midi, 16H. Tadadaaaa ! Rencontre entre étudiants de l’université publique, étudiants d’un institut technique et les jeunes des deux collèges et de San Isidro. Papapa ! ça tient chaud ! Mais… grâce à la précieuse aide de Julio, professeur d’ingénierie à l’université San Agustin, et José Luis, professeur à l’institut technique, nous avons pu réunir 5 étudiantes, et 15 jeunes ! Ne sont pas venus ceux que j’attendais, mais j’étais tout de même très soulagée de voir que les étudiants ne s’étaient pas déplacé du centre-ville pour rien !



Ce fut une jolie rencontre, pleine d’émotion et de conseils – les étudiants ont surtout partagé leurs expériences pendant le processus de postulation, qui est très difficile pour l’université San Agustin. En effet, comme c’est l’unique université publique d’Arequipa, les places y sont chères (parce que gratuites !). 4000 postulants pour 15 places en Ingénierie Civile. Les facs de médecine en France, pourtant réputées comme étant le cursus le plus sélectif du pays, pâliraient devant de tel chiffre. Ainsi, les jeunes doivent souvent tenter plusieurs fois le concours d’entrée avant d’être accepté. Ce fut le cas pour les 4 étudiantes présentes. Le discours d’Evelyn, une jeune de San Isidro, fut particulièrement touchant. En sortant du lycée, elle a tenté l’examen d’entrée pour la faculté d’administration. Son papa travaille à la mine et n’est pas souvent à la maison. Sa maman travaillait à l’époque dans les fabriques de briques, comme la plupart des habitants de la zone. Celle-ci à redoubler d’efforts pendant les mois de préparation d’examen d’Evelyn afin de lui payer les services d’une académie pré-universitaire du centre-ville. Toutes les deux se levaient à 3h du matin, tous les jours pendant 1 an, l’une pour travailler et l’autre pour étudier afin de passer le fameux examen qui lui ouvrira les portes de son rêve : étudier à l’université. Mais voilà, le jour des résultats, son nom n’est pas sur la liste. En arrivant à cette étape de son récit, pourtant souriante jusque là, Evelyn s’est mise à pleurer à chaudes larmes. « J’étais tellement déçue. Je sentais tous les efforts qu’avaient fait mes parents pour me permettre de mettre toutes les chances de mon côté, mais je n’ai pas été à la hauteur. La désillusion fut terrible. » C’était pourtant il y a 3 ans, mais l’émotion était toujours aussi forte. Dans la salle, on entendait les mouches volées. Puis Evelyn s’est raclée la gorge, et à continuer son discours. Après avoir pleuré toute une nuit, elle a décidé de retenter l’examen, 6 mois plus tard. Et 7 mois plus tard, elle s’asseyait sur les bancs de l’amphithéâtre. Les jeunes la regardaient avec admiration. La conclusion que l’on a tirée de son expérience, c’est qu’il ne faut jamais baisser les bras. Aussi dur que le chemin puisse être, s’accrocher et se surpasser pour atteindre son objectif.




Cette rencontre fut donc forte en émotions, mais très motivatrice pour les jeunes – surtout lorsqu’ils entendent qu’une fille de leur quartier a réussi ce que beaucoup qualifie d’impossible. Une semaine bien remplie qui se termine donc en beauté !

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Pour terminer, quelques photos de la douce vie péruvienne... Parce que quand même, il ne faut pas se laisser abattre !

A la picanteria La Capitana dans notre quartier. Les picanteria sont des restaurants traditionnels
servant une cuisine cuite au feu de bois dans des grosses marmites: miam !

Un rocoto relleno avec pastel de papa, poivron légèrement
piquant farci de viande de boeuf haché, ail et raisins secs. Le pastel de papa
(gâteau de pommes-de-terre) est un gratin à l'oeuf et à l'anis.
Au premier plan des galettes de légumes et de la sauce aji verde qui pique!
Tout au fond, le chancon al horno, épaule de porc cuite au feu de bois.
Tout ça se déguste avec un bon verre de chicha de jorra
(boisson fermentée de maïs violet au goût de vin doux), assis sur un banc partagé avec d'autres convives!

Le rendez-vous des locaux.
(Notez l'élégance de ce petit pépé sur la droite!)

Ce matin-là, le Misti avait mis son petit bonnet.

Il faisait frais, le Chachani n'a pas oublié son couvre-chef non plus!

Les écoliers de Yanahura prenant le bus scolaire.