samedi 3 décembre 2016

Week-end enchanté à Coporaque

Le week-end dernier, nous avons décidé de nous mettre au vert et d’aller lever notre nez dans la vallée du Colca, à quelques 3 heures d’Arequipa. Nous avons élu domicile dans le petit village de Coporaque, à 8 kilomètres du bled principal de la vallée : Chivay. Pourquoi Coporaque ? Et bien pour rendre visite à de vieux amis, rencontrés 3 ans auparavant. En effet, l’association pour laquelle je travaillais lors de mon dernier voyage mène des actions dans ce village (pour les curieux, vous pouvez voir les articles d'alors par ici). Je connaissais donc une famille (les Flores-Chocolate) qui loge des touristes en quête de campagne et de tranquillité. Parfait ! Oui mais voilà, en août dernier, la zone a été touchée par un séisme très fort qui a fait pas mal de dégâts (d’ailleurs, depuis, une colonne de fumée s’échappe d’un volcan dominant la vallée, comme vous pouvez le voir sur les photos…). La famille Chocolate était donc bien embêtée de me dire que les chambres à louer n’étaient plus qu’un amoncellement de décombres… Heureusement, la dernière construction a tenu le coup, nous avons donc pu y séjourner tranquillement. Nous sommes partis avec Alex samedi après nos cours à l’institut, puis Amélie et Nelson, une amie française et son ami péruvien nous ont rejoints le dimanche. A notre arrivée à la tombée de la nuit samedi, nous avons trouvé un petit groupe d’hommes dans le jardin, célébrant la fin de la coulée d’une dalle en béton autour de quelques tragos. Quelques, quelques… Ils étaient bien éméchés ! Qu’est-ce qu’on a pu rigoler ! Chocolate, le père de famille, nous a expliqué que c’est ainsi que ça marche, là-bas à la campagne. Les gars viennent te donner un coup de main, en contrepartie tu lèves le coude avec eux ! On n’est pas si loin de ce qui se passe en Bourgogne, finalement…!  Entre cours de quechua et la trucha andina frita, on a passé une bonne soirée ! Parce que dans cette partie du Pérou, la langue utilisée est le Quechua. Chocolate et sa femme Rocio sont tous deux de langue maternelle Quechua. Ils parlent bien sûr couramment espagnol, mais ils en ont une version, disons… qui leur est propre !


Au programme du week-end : randonnée entre les villages, bains thermaux, délicieux petits plats de Rocio, rigolades avec Chocolate et balade à cheval. Quel bonheur et quelle quiétude… Un vrai petit paradis qu’on a eu du mal à quitter lundi après-midi ! 

Sur la route, à quelques 4000 mètres d'altitude, un troupeau d'alpacas paît en paix!



Tout au long de la piste, on peut voir ce genre de cairns. Cela m'a interpellé: quels randonneurs fous sont passés par ici pour marquer le chemin? Après m'être renseignée, il s'agit en fait de sculptures de pierre, offrandes aux apus, divinités des montagnes dans la culture andine... Intéressant!




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La vallée du Colca et ses cultures en terrasses

Patchwork andin

Coucou c'est nous!

L'équipe au complet!

Dans le bus, coca obligatoire! Passage d'un pic à 4800 mètres en vue!

Ca sent le foin, et on le machonne des heures durant pour en tirer le jus.

Pause-pipi sur l'altiplano. On se caille un peu les miches!

Le volcan Sacanbaya et sa colonne de fumée

Arrivée à Chivay, un village bonhomme et gentiment animé

Un petit emoliente pour la route? Les décoctions de plantes ont des vertus médicinales innombrables: pour les intestins, pour l'estomac, pour les reins, pour la tête, pour les poumons... 

La recette? Un petit peu de tout, caserita!

Un extrait de plantes ultra amère pour... le foie? (on s'y perd, dans tous ces remèdes!)

Notre petite chambre chez les Chocolate

Originale, la déco!

Amélie, toujours prête à partir en rando!


Notre salle-de-bain !

Un masque du carnaval de Cusco, pas mal pour se protéger du soleil!


Coporaque en reconstruction

Le jardin des Chocolate... et les décombres, témoins du séisme de cet été

C'est partiiii!




En haut de la montagne, un complexe archéologique nous attend: tombes pré-incas avec petits souvenirs!

Pour calmer les dieux et les esprits des montagnes, les habitants viennent se recueillir et déposer des offrandes (monnaie, feuilles de coca) 

"Ah mais c'est lourd une mâchoire!"

Grimpeurs de l'extrême

Fleur de cactus

Une autre fleur des montagnes, son baluchon sur le dos



Impressionnant! 




Une ancienne ville pré-inca, à flanc de montagnes

Une rose ! 

Dialogue profond...

Il a failli nous cracher dessus! Pas commode !

Une série de colcas: il s'agit de lieux d'entrepôt de grains, à flanc de falaise donnant sur le fleuve. Utilisés depuis des millénaires, ces espaces sont ventilés et difficiles d'accès, ce qui rend ces entrepôts fort stratégiques! 

Place principale de Yanque

Titi! Il y en a ici aussi !

On traverse le fleuve pour rejoindre la rive de Coporaque

Et ses bains thermaux! Ici, c'est l'aménagement "maison" et donc gratuit des locaux!

Nous avons opté pour la version VIP, le "complexe" de bains thermaux de la ville, avec trois piscines à différentes températures... Un bonheur après une journée de randonnée!

Le dimanche, c'est jour des bains (et pas du bain! Du moins, on espère...!)

Deux araignées d'eau !

Deux lions de mer tentant de supporter la température du bain le plus chaud à plus de 40°C.
Coucher du soleil, luminosité fabuleuse



Vue sur Coporaque


Fermière trayant sa vache. Ici, les femmes portent le costume traditionnel tout brodé. Precioso! Elles portent également des chapeaux, certains en tissus avec moultes broderies aux motifs végétaux et aux couleurs primaires, d'autres un peu plus "ranch", en satin blanc avec des strass et des paillettes. Amusant! Avant, ces chapeaux étaient la carte d'identité des gens, indiquant de quels villages ils provenaient. Aujourd'hui,le choix en revient au goût de chacun !
Canasson passion!




mercredi 30 novembre 2016

Ce qui se passe à K'iranakuy... et à France Conexion!

Depuis deux semaines, j’ai trainé mes guêtres dans des lieux divers et variés, en quête d’autorisation pour organiser une visite à l’université publique (« Il faut apporter une demande d’autorisation mademoiselle. Revenez demain. » « Merci d’avoir déposé l’autorisation mademoiselle, il faut revenir demain maintenant. » « Ah oui, on a oublié de vous dire, aujourd’hui c’est la grève, revenez dans deux jours. » « Ah mais oups, aujourd’hui c’est l’anniversaire de l’université, nous ne travaillons pas. » « Ah mais regardez, vous n’avez pas adressé la lettre à la bonne personne, c’est le bureau d’en face. Et ils sont en réunion à cette heure-ci. Jusqu’à 15h30. L’heure à laquelle le bureau ferme, pour le week-end. ») J’ai comme l’impression d’être en France, tout à coup ! Bon, j’y arriverai, j’y arriverai…. Il faut seulement que je revienne demain !

A part user le pavé de l’université San Agustín, j’ai aussi découvert le monde de l’université privée. En mode jets d’eau à l’entrée, arbres et petits parcs verdoyants entre les bâtiments, portique de sécurité et bodyguards. Autre ambiance, à la San Pablo ! On me tend quasiment le tapis rouge ! J’arrive, on m’indique le bureau du coordinateur qui s’occupe de donner des ateliers sur l’orientation et la vocation professionnelles dans les collèges, quelques minutes plus tard je ressors avec mes deux rendez-vous ! Rapide et efficace. Ces ateliers sont en fait l’occasion pour ces universités de faire leur publicité. Elles présentent les cursus proposés, et en profitent pour faire miroiter aux jeunes que leur université est meilleure que les autres. Fair enough, nous avons besoin d’informations, ils ont besoin d’oreilles ! Mais voilà, si je n’étais pas là, à serrer des pinces et à me faire fouiller à l’entrée, JAMAIS ce conseiller d’orientation ne se serait déplacé dans les zones éloignées de nos pueblos jovenes. Quelle perte de temps que d’aller y faire ces présentations, alors que les frais mensuels de scolarité valent plus que le revenu familial de toute la saison… Mais ça fait bien, d’aller faire un petit tour chez les pauvres, alors on sort de sa cage dorée pour l’occasion. La charité est une vertu de Saint Paul, non ?

Ladite cage dorée: l'université catholique San Pablo
A part ça, je suis allée dans les collèges. Un peu d’action de terrain, ça ne fait pas de mal ! Les professeures principales m’ont rapporté qu’il y avait un manque au niveau du programme des écoles nationales : certaines matières demandées pour les examens d’entrée à l’université ne sont pas dispensées dans les écoles publiques. Physique, chimie, raisonnement verbal et raisonnement mathématique. Autant de thème qu’un enfant scolarisé dans le réseau privé aura vu et revu tout au long de son école secondaire, contrairement au jeune provenant d’une école publique qui lui, devra  étudier seul ces matières pour combler les lacunes d’un système injuste. Mais que faire ? La majorité des adolescents souhaitant intégrer un établissement d’études supérieures participent ici à des cours supplémentaires, l’après-midi après l’école ou pendant les vacances, dans des académies appelées pré-universitaires. Celles-ci dispensent un enseignement dont l’objectif est la réussite des examens d’entrée à l’université. Ainsi, des professeurs enseignent la totalité du programme que requièrent ces examens. Super, alors allons-y ! Mais il y a un mais (por supuesto). Hay que pagar ! Encore une autre injustice dans ce système éducatif où règne la loi du plus riche. Et c’est pas donné, la petite blague! Après avoir discuté des différentes possibilités avec plusieurs académies, nous avons trouvé un accord. Sachant que les jeunes de nos collèges disposent de peu de moyens économiques, l’académie nous cède un tarif préférentiel en tant qu’association (bon, chuuuut, personne ne sait que nous ne sommes pas encore une association ! Mais ceci n’est qu’un détail). Résultat : moitié prix ! 75 Soles par jeune par mois, pour 4 heures de cours par jour, de 15h30 à 19h30, du lundi au vendredi. Soient 20 €. A ce prix-là, nous avons décidé de subventionner les deux tiers, restant à la charge du futur étudiant seulement 9€ par mois, plus les transports en bus de leur quartier au centre-ville (1,5 Soles, soient 40 centimes d’euro). Si on tient à faire participer les jeunes financièrement, ce n’est pas par accès de pince-attitude, mais bien par conviction. Malheureusement, quand de l’argent est en jeu, tout se révèle plus sérieux. Nous souhaitons par ce procédé inviter les jeunes à se responsabiliser et à tenir leurs engagements, visant ainsi l’assiduité pour un résultat optimal. De combien de jeunes parle-t-on ? Pour l’instant, une vingtaine. Si on fait le calcul, nous aurions donc besoin de 220 €, pour leur permettre d’étudier dans l’académie jusqu’à la fin du mois de décembre. L’information et le budget sont à confirmer, mais je lance déjà un petit appel… Si ça vous dit de participer, à vot’ bon cœur, m’sieurs ‘dames !

Les publicités de l'académie pré-universitaire Mendel: avec les photos des anciens étudiants ayant culminé à la première place de l'examen d'entrée! Un peu cheap mais drôle!

Ces derniers temps, je suis allée souvent au collège Corazon de Jesus. Faire des ateliers, faire des présentations, rencontrer les professeurs et directrice… Ce qui fait que j’ai souvent atterri dans le bureau de la secrétaire, à tailler le bout de gras en attendant mon rendez-vous. Un jour, tout à trac, cette dernière me demande : « Toutes les filles de France sont aussi mignonnes que toi ? On dirait une petite poupée ! » Et de renchérir, à l’intention de chaque nouvelle  personne qui passe son nez par la porte : « Hein, on ne dirait pas une poupée ?! ». Depuis, j’ai gagné le surnom de « muñequita » dans ce collège ! « Ah, voilà la poupée ! Qu’est-ce qu’elle veut aujourd’hui ? » J

Lundi j’ai donné la première partie de l’atelier sur la méthodologie d’étude ; jeudi j’y suis retournée pour la seconde partie : la pratique. Les jeunes ont été très intéressés, et même si certains étaient plus intéressés pour deviner mon âge et me demander mon Face’, ils ont globalement bien participé. Au programme : extrait d’un examen d’entrée à l’université publique. 

Pour cette partie pratique, j’ai sélectionné un extrait de l’examen d’entrée à l’université San Agustin de l’année dernière. Ainsi, ils ont pu se confronter vraiment à ce qu’on va leur demander dans quelques mois. 

L’idée était de mettre en pratique les 7 étapes présentées la dernière fois pour lire de manière efficace (prélecture, lecture détaillée, notes dans la marge, soulignage…) afin de répondre aux questions. 

Dans un deuxième temps, j’ai séparé la classe en deux groupes afin qu’ils puissent mettre en pratique les deux techniques pour résumer un texte : une synthèse écrite (avec une phrase par paragraphe) et un schéma ou carte mentale. Le thème de l’article était la guerre en Syrie : pas facile de résumer cela en deux, trois flèches, mais ils s’en sont très bien tiré ! 

La team "résumé"


La team "schéma"

Pas mal, non?

Aujourd’hui, c’est à Mollebaya que je vais animer cet atelier !

***

D’ailleurs, je ne suis pas en avance, je dois filer sous peu. Juste le temps de vous dire que comme enseigner me manquait terriblement, j’ai demandé à faire des heures dans l’institut France Conexion où travaille Alex. J’ai donc depuis trois semaines environ 8 heures d’enseignement par semaine, à deux adultes de niveau A1 (Alejandra) et B1 (Enrique). Mes élèves sont super agréables et bien motivés. L’institut regorge de collègues sympas, et la méthode utilisée est vraiment pertinente (la série Alter Ego). Les cours sont individuels et l’accent est mis sur la production orale. Je ressors mes trucs et astuces Montessori et leur propose toutes sortes de jeux de rôle et autres activités ludiques et participatives. Ils ont 25 ans, mais kiffent tout autant que mes petits bosniens du primaire ! C’est intéressant pour moi de donner des cours aux adultes, public que j’avais seulement touché du cartable à Toulouse dans le collectif CEDIS, avec les cours d’alphabétisation et de français que je donnais à la famille bulgare. Je profite donc de cette expérience nouvelle pour ajouter une corde à mon arc ! Vous savez bien, on ne perd point de temps, chez l’Abdi !


Les salles de classe sont petites mais accueillantes et très lumineuses

La décoration !

mercredi 23 novembre 2016

Mollendo - Ceviche & crustacés

Ce week-end, nous sommes allés faire un petit tour à l’Océan avec les copains ! Direction Mollendo, une ville sur la côte à 3 heures d'Arequipa. Super fin de semaine en mode petits plats trop bons les pieds dans le sable, karaoké, rigolades, eau fraîche et chaud soleil. 

A 6 dans le taxi avec des sacs, ça donne ça! Amélie, tiens bon
on est bientôt arrivé!

La petite baie paradisiaque de Catalindo, à quelques kilomètres de Mollendo.

Cuadruple: ceviche, arroz con mariscos (riz aux fruits de mer),
chicharron de pulpo (calamars frits) et perol de mariscos
 (fruits de mer dans une sorte de sauce à la cacahuète). MIAM !
C'est pour deux, je vous rassure!

Gabi, un collègue de l'Institut France Connexion, et sa copine Nayu !
Amélie, Roy, Gabi, Nayu, Alex et moi. Les pieds dans le sable!



Vendeurs ambulants de sodas sur la route. Ils attendent que les bus
 passent pour faire leur petit commerce.
"- Hay gaseosas, hay gaseosas!
- Agua tiene?
- No, agua no hay." (Ouh non, pas d'eau - dédicace à Mamie).

Sur la route,  magnifique paysage désertique et hostile,
aux couleurs irréelles.

Bâtiment colonial dans la rue principale de Mollendo, joyeuse bourgade sur le littoral.
L'endroit regorge de lieux de divertissement. On a trouvé chaussure à nos (grands) pieds pour passer la soirée de samedi: un club/karaoké situé au fond d'une ruelle sombre, en haut d'un escalier grinçant éclairé par des néons épileptiques, le tout au cœur d'une auberge de jeunesse glauquie. Sur le dancefloor, des locaux, plutôt sur la pente descendante - de l'âge comme du niveau de la bouteille - se trémoussant sur de la cumbia, du synthé des années 80, de la salsa et du reaggeton. Qu'est-ce qu'on  s'est marré!

La ville fantôme de Mejia, où nous n'avons pas vu un chat. Qui dit pas un chat, dit pas un bruit... Et comme l'impression de ne plus être au Pérou. Une expérience digne de la science fiction!
Des petits airs de Louisiane, ces vieilles bâtisses aux façades en bois, non?.

L'église couleur céleste



Sur la plage, le soleil se blottit tout doucement sous sa couette de vagues.
 Il est temps de rentrer maintenant...