mercredi 2 novembre 2016

De l’autre côté des volcans: un dimanche à Salinas

Vous vous souvenez la vue depuis notre terrasse sur les volcans Misti et le Chachani? (Si non, c'est que vous ne lisez pas assez attentivement - ah ben bravo! Alors retour à la case départ pour trouver la fameuse photo!). 

Dimanche dernier, on a décidé d’aller voir ce qui se trouvait derrière des deux volcans. Et bien, ça vaut le détour  - et quel détour, 3h30 de bus sans tous ses boulons sur une piste non asphaltée ! Partis aux aurores (6h du mat’ un dimanche, ça pique !) avec un petit groupe de françaises trop sympas rencontrées à l’institut d’Alex. On en a pris plein les yeux ! Assez de blabla, les photos parlent d’elles-mêmes.

THE bus!

Le village s'appelle Salinas parce qu'il est situé au bord d'un lac de sel. Des petits airs d'Uyuni!

Kikou !





El senor de Salinas... Sympa super sympa.


Dentition de pirhana

Seul au monde (presque, seulement quelques lamas et vicunas
pour déranger notre quiétude)

Ces couleurs!

Le Misti au loin.

Carcasse de lama.


Le village de Salinas vit de l'exploitation salière du lac, et de l'élevage de lama et alpaga
(ils vendent leur laine et leur viande)


Coucou toi!

"Hé les mecs, moi aussi je veux être sur la photo!"





Euh... Dimension inappropriée?! :) 






Terrain de basket assez impropable

Les Champs Elysées de Salinas

Oh tiens! Deux gringos!



"Oh mais c'est quoi ce nuage au dessus du volcan?..." Mystère-mystère...

Illusion d'optique


Une sainte apparition!

En attendant le bus

"Ah mais tiens, le soleil commence à se coucher!"

"Ouais c'est cool, il fait encore beau mais quand même une petite laine n'est pas de trop!"

"Wow. Bon, euh... il arrive ce bus?"

"Youhouuuu! On est sauvé!"

Il était moins une avant la nuit!

mardi 1 novembre 2016

Les avancées de K'iranakuy - Week 2

Samedi 22 octobre, j’ai eu ma première réunion avec les jeunes. 13 invités, avec leurs parents, à 17h. Je suis arrivée bien en avance pour préparer la salle, le thé, et les petits gâteaux. Deux heures plus tard, l’Abdi était toujours en train de faire le pied de grue devant la porte, la petite voix de Rachel en tête (« tu sais, c’est le Pérou, les rendez-vous c’est un peu compliqué ici… »). Puis tout à coup, un léger toc-toc m’a tiré de mes rêveries. Ouais ! Une jeune ! Melania avait fait le déplacement. Après avoir pris un thé en attendant les autres – hum, hum… - nous avons décidé de commencer. Un petit questionnaire, un petit selfie (bah oui, elle a quand même 15 ans ‘faut pas déconner !), et voilà Flor de Maria, sa copine, qui arrive. Chouette, elles ont l’air motivé ces deux-là ! Quelques doutes au niveau de leur orientation, mais de bons résultats à l’école et la motivation de continuer en études supérieures. 




Les deux premières participantes répondant aux questionnaires

Et faisant leur test d'orientation!



Quelques heures plus tard, c’est la sœur de Melania, Marily qui est arrivée en rentrant directement du travail.  Elle a 18 ans, a terminé l’école secondaire en décembre dernier et travaille pendant un an au marché de l’Avelino pour mettre de l’argent de côté afin de pouvoir rentrer à l’université en mars prochain. Cursus et université déjà choisis, voici un autre cas de figure ! Résultats des choses à faire : deux test de vocation avec les plus jeunes, et une visite de l’université San Agustin avec l’aînée. Cette première réunion a attiré peu de personnes, mais la rencontre a été intense !

Lundi, je suis allée rencontrer à la mairie de Mollebaya une dame du service social pour des questions administratives concernant bourses et classes sociales. Après avoir discuté avec elle, nous avons découvert que 4 jeunes filles du collège voisin étaient éligibles pour la bourse Beca 18 (qui paye absolument TOUS les frais – inscriptions, matériels, nourriture, transports, logement… : le pied quoi !). C’est ainsi que je me suis décidée à aller les chercher dans leur collège pour leur en parler, et pour leur présenter K’iranakuy. Le directeur a été très coopératif (il ne le sait pas, mais je connaissais déjà sa voix, pour avoir utilisé dans mon mémoire l’interview que Rachel a mené avec lui.. !) et m’a prêté la chapelle du collège pour que je discute avec les filles (oui, assez cocasse !). Elles se sont montrées très intéressées par le projet ! Du coup, je leur ai donné rendez-vous ce samedi 29 pour qu’on fasse plus ample connaissance et qu’on établisse la liste de leurs besoins !

Cruce de Characato, sur la route de Mollebaya
(après avec pris un minibus de chez moi à la Pacheta,
puis un autre jusqu'à ce fameux cruce, puis un troisième
jusqu'à la place centrale du village de Mollebaya!
Total: 1h30 de trajet, pour 15 kilomètres).

La cour du collège Obdulio Barriga Vizgarra à Mollebaya

Les rues de Mollebaya

Devant le collège. La combi!! Attendez-moi j'arrive!!

Mollebaya

La mignonnette place centrale de Mollebaya avec une jolie église - bonne surprise!

Dans le 6ème bus de la matinée, retour à la maison.

J’ai ré-invité les absents de samedi dernier, nous verrons bien qui pointera le bout de son nez cette fois !

***

Et bien voilà, une semaine plus tard me revoilà avec mon thé à la cannelle et mes petits biscuits. Seule… Une demi-heure passe, je décide d’aller toquer aux portes. Un gros chien manque de me sauter dessus du toit d’une maison, je décide de ne plus aller toquer aux portes.
Une demi-heure passe de nouveau… Hum, hum… Je passe un petit coup de fil à Gery, une jeune du collège rencontrée le lundi d’avant. Ah ! Sa sœur me dit qu’elle est en route ! Quelques instants plus tard, c’est Carolina et Andrea que je vois passer devant la grille ! Cool, des gens ! Gery arrive peu après avec sa grand-mère. J’étais très contente qu’un adulte fasse le déplacement. Sans plus attendre, j’ai présenté le projet, et mes nouveaux objectifs. 



Ah oui, je ne vous ai pas dit, mais ils ont un tantinet changés ceux-là en l’espace d’une semaine. Avec Rachel, nous avons redéfini clairement les activités que je vais développer ici. Nous avons décidé de ne pas perdre de temps à la création officielle du projet, sachant qu’en janvier aucune d’entre nous ne sera disponible pour être sur place. Nous remettrons donc cette étape administrative à plus tard. Pour l’heure, il s’agit de mener jusqu’au 17 décembre la fin du projet pilote. Qui dit projet pilote, dit projet sur un court terme, avec évaluation des résultats obtenus en fin de période. Devant le manque de suivi auquel on va devoir faire face dès mon départ et ce pour quelques mois, il nous est paru compliqué de commencer le programme des tuteurs,  programme qui nécessite une forte coordination et un suivi régulier. Alors, qu’est-ce que je fais moi maintenant ? J’avoue que j’ai bien eu quelques jours de flottement, à me demander un peu ce que je faisais là… L’enseignement me manquant beaucoup, j’ai décidé d’aller visiter une école Steiner avec une amie française, mais passons, j’en ferai un petit topo une autre fois. Je divague, je divague. Où en étais-je ? Ah oui. Perdue, l’Abdi. Alors on a pris le taureau par les cornes, et on a revu nos objectifs, sur du court terme ; une action moins ambitieuse mais tout aussi importante. Axons-nous sur l’information : dans les écoles et dans la zone de San Isidro. Au programme jusqu’à la date d’expiration del Proyecto Piloto K’iranakuy : visites d’université et d’institut, rencontres avec des professionnels, rencontre avec des étudiants, ateliers de méthodologie pour étudier plus efficacement, atelier pour postuler à un travail/à un stage par email, test d’orientation, et information et création de dossiers pour postuler à la Beca 18. Une activité par semaine dans chaque collège et le week-end à la Casa Intiwawa pour les jeunes de la zone de San Isidro qui ne sont pas scolarisés dans les collèges partenaires du programme.

Ah ! Voilà qui est plus clair ! Demain et après-demain, je rencontre les professeures principales des collèges pour qu’on se mette d’accord sur le planning, et ensuite il ne me reste plus qu’à coordonner tout ça ! Alors depuis que je vois les tenants et les aboutissants, je me sens mieux. 24 ans que je ne suis incapable de faire quelque chose sans en saisir la finalité dans son ensemble, c’est pas parce que je suis de l’autre côté de l’Atlantique que ça va changer, hein ?! Chaque expérience est un pas vers soi-même. On ne cesse de se découvrir, quand on dépasse les limites de la zone de confort. En parlant de confort, je ne pense pas à la douche tiède qui donne des coups de jus une fois sur deux ou au petit chien Locki qui laisse des petites surprises malodorantes devant la porte de notre chambre. Non, l’humain est fait pour s’adapter à son environnement et son niveau de confort matériel. Je me réfère plutôt au confort mental. J’ai pris une douche froide en arrivant, rien à voir avec le chauffe-eau un peu foireux de Martha. Puis j’ai analysé mes peines, et j’ai réalisé qu’il me fallait un cadre. Un cadre bien tendu, bien net, bien clair. Avoir un cadre pour s’épanouir, assez paradoxal. Mais rien ne sert de cacher le naturel, il revient au galop. Maintenant que je suis bien confortablement encadrée dans mon cadre, tout devrait cadrer !

Digression passion. J’en reviens à ma réunion. Trois petits mecs sont arrivés un peu plus tard (ah bah c’est pas dommage, on n’avait encore pas vu de représentant de la gente masculine !). Alex, Mauricio et Hector se sont joints au groupe des filles et ils ont tous réalisé un test d’orientation. 
Alex est en dernière année de lycée, il veut étudier l’ingénierie informatique à l’université publique. Mauricio a 15 ans, il est en dernière année également mais ne sait pas du tout quoi faire par la suite. Il va donc falloir insister sur l’orientation dans son cas. Hector quand à lui a terminé le lycée l’an passé et est entré à l’université publique pour étudier l’informatique. Il souhaiterait maintenant étudier un deuxième cursus en parallèle : l'ingénierie des énergies renouvelables. 

Les résultats les ont surpris, mais aussi inspirés pour certains. Ils ont l’humour facile, ces petits jeunes. Alex répondait au questionnaire que je lui ai donné quand il tombe sur la question « quel emploi voudrais-tu avoir plus tard ? ». Il m’appelle et me dit « Miss, moi je voudrais être voleur». Le petit plaisantin. Je lui réponds que je ne suis pas sûre qu’il existe de cursus universitaire pour cette spécialisation. Il renchérit « Ah non je me suis trompé, je voulais dire homme politique…  c’est presque pareil ! ». Ahah, voilà un esprit bien aiguisé !

Les garçons réalisant leurs tests au rythme du hip-hop péuvien!

Après avoir fini leurs tests et transformé la salle informatique de la Casa Intiwawa en scène d’improvisation de rap version 8 Miles Peruano (bah oui ils ont 15 ans, 'faut pas déconner!), nous nous sommes mis d’accord sur le programme de la semaine à venir. Atelier sur l’email : comment créer son compte, comment l’utiliser, et comment écrire un mail officiel. Rendez-vous mercredi après-midi et samedi matin !

jeudi 27 octobre 2016

Formation Montessori - dernier acte

Et voilà, c'est ainsi que s'est terminée ma formation Montessori. Un petit essai réflexif sur ce que le cours nous a apporté, et s'en vont... Une jolie page bien dense dans mon cahier d'enseignante, qui risque bien de changer toutes celles qu'il me reste à écrire ! J'ai donc tout validé, je suis officiellement une praticienne Montessori (Youhou!).

Voici le fameux dernier essai:

When I arrived at Bloom, I have been dazzled by the smiles. The children’s smiles, first. Then, the teachers’ and the school staff’s smiles. I was just arriving from the former school I used to work in, in Toulouse, France. This school is a public one from the French National Education System. What stroke me the most, was the contrast between these two schools. In one, I have found joyful people. In the other one, I have found stressed children and stressed teachers.
            What is the inner distinction between those two schools so the result is that different? This question is the reason why I decided to participate in this Montessori training Bloom school offered me. I wanted to figure it out. The process has been intense, but I found the answer. Watch out, it is not going to fit in one line.

Very often, people ask me: “What is Montessori?” To make it short, I often answer: “Montessori is freedom for the child in a prepared environment”. The other day, I was leaving Sarajevo to come back to my home town. In the flight, I started to chat with my neighbor. He asked me why I was in Bosnia. I explained him that I came to finish a Montessori training I started in March. “Montesso-what?”, he asked. I tried with the fast answer, but it didn’t convince him. “By freedom, do you mean that the children can do what they want, when they want? If so, I am sure they would spend the whole day playing with construction game!” And suddenly, I realized that I have learnt a lot for the last 6 months. “If they feel they want to play with construction game”, I said, “it means that they need it. They need it because they need to touch, to see, to hear, to feel, to experiment shapes with all their senses. It is in human nature, answering to human tendencies that we all have inside of us. We want to explore by ourselves to understand the world around us.” First, he stayed still. Then, he asked: “But what if they never want to work? If I would have the choice between working and playing, I would play, there is no doubt about it!”. Well, I answered him that every child wants to learn, because learning will allow them to understand the world and fit in it. My neighbor nodded slowly, looking in front of him. “Ok, I get that. But if the child is doing what he wants with the objects in the classroom, they don’t need any teacher anymore!”. I was expecting this one… “In a Montessori classroom,” I replied, “teachers are not at the center of the attention. They are more like a guide to the child in their own path to grow and learn. The teacher is here to prepare the environment (the material, the organization, the order) and observe the children, to understand what they need to fulfill their thirst of discovery.” My neighbor looked at me, and said: “I wish I had studied in such a school.” Well actually, I wish I had, too !

I have studied all my education in the public French system, where teachers are stressed and children are stressed. 8 A.M.: French; 9 A.M.: math. September: multiplication tables from 2 to 5; October: multiplication tables from 5 to 9. Where is the respect for individuality and human rhythm – both children’s and teachers’ – in such a tight schedule? In a word, where is the respect for nature? The public French system is like a factory. They want everyone to fit in a box. And this causes stress: “What if I don’t fit in it?” or “What if I don’t manage to make my students fit in it?”, are worries shared by many of us.
            Despite of that, I have personally been mostly happy over my school years. “Excellent student.” Yes, I was an excellent little robot which was able to answer what the teachers expected me to answer. Please the teachers, please the society. Everyone is happy, Daddy, Mummy, bravo.
            And suddenly, you’ve grown up. You go to university, and no one cares about you. No one asks you anything. Independence of learning, self-esteem, creativity in problem solving are some of the skills that you need to face this big change. Let me check in my schoolbag, I must have something helpful in there! Mmmh… “multiplication tables”… No. “e=mg²”… Mmmh, I don’t think this will help me either. Oh, blast! I have spent 15 years of my life at school, taking in tones of formula, dates and vocabulary, being told that I am one of the best students of my grade, but I am not good at adult’s life! Well, I have learnt in the hard way. After a couple of years, I was able to show the qualities requested for university and I was feeling comfortable in my studies and in my life. But I am a lucky one: I have been raised in a loving and peaceful family, with respect and harmony. What about all those other people who have not been that lucky? What do they feel when they don’t fit in the box? What did my neighbor from the flight feel when he had been told that he was “bad at school”. Bad at school, bad at life? Well, those people feel fear of the world, of life and of the others; they feel a lack of self-esteem and ambition. How can someone with those feelings would try to make the box that is our society nicer, wider and more welcoming?
            Here is the main point of education: to make everyone able to take part in society and in its betterment, to help future human beings to grow at their full potential, ready to make the world they belong to a better place. And this is why Montessori’s philosophy and education struck me that much. Education should be nothing but holistic - because a human being is a whole. It is Montessori schools’ main objective, and every Montessori practitioner is heading towards it, looking carefully at the child walking in front of them… or better said, following the child.

As a future teacher, I am very thankful to have crossed the path of those children and teachers, the path of the Montessori community. It put some words on my unease towards mainstream educative systems, and fostered my ideas about education.
            First of all, I have been astonished to learn more about child’s development. Of course, I was familiar with some elements thanks to the Teaching University I have attended in France. But the knowledge I acquired with the training is much more practical than theoretical. I have been taught how to observe and analyze children’s behaviors. From then on, I can’t help thinking when I look at a toddler picking a small piece of stone on the floor, “Would this baby be exploring his sensitive period for small objects?” Everything makes sense now, as I am observing a child. It is the same with movement: I used to see the child’s need for movement as a need of letting off the steam. Now I understand and I respect that every child needs to move, not only during recess but all day long, in any of the activities they would do.
            The role of a Montessori teacher is another thing that blew my mind. Passing from being the point of attention under the spotlights, on the stage, to hide behind the curtains, was very surprising for me. I was used to see – and to be – the teachers standing in front of the students, waiting for gathering the attention of all the children at the same time to start the show. In a Montessori classroom, the theater show is still on, but the actors are no longer the teachers but the children. The teacher is at the same time director – preparing cautiously every detail of the environment, guardian of its order and harmony – and audience – carefully observing and analyzing the little actors exploring the stage. Montessori refers to the teacher as a scientist, a saint and a servant. All those professions are based on one thing: the virtues. My director/audience teacher needs some virtues to be a genuine Montessori teacher: they must show love, compassion and patience towards all the little actors on stage, to be able to analyze their needs without judging them. The teacher’s perspective in Montessori approach definitely changed my point of view and my behavior, both inside and outside the classroom.
            As a language teacher, I nevertheless think it is challenging to act like a real Montessorian. How can the child learn a new language just through the use of materials? According to me, it is very hard to do, and probably not the best. To learn a language means to practice it in order to communicate. Then, I think that if Montessori’s classroom organization is not very compatible with teaching languages, Montessori’s philosophy is. For example, by letting the child making their own choices in their learning, by proposing motivating, appealing and funny activities, and by creating concrete situations such as pen friends’ correspondence. Language is a subject that can be mixed with many others. By this way, it is not hard to imagine joining French learning to the students’ current project, sticking to Montessori’s precept: follow the child.


My time at Bloom school and the Montessori training have both turned my teaching perspective upside down. And for the best: I feel now more in harmony with myself as a professional of education. One thing still remains disturbing for me. Nowadays, all over the world, most of the Montessori schools are private schools and expensive ones. Thus, this wonderful pedagogy is for now reserved for the upper class of society. This fact is in total opposition with Montessori’s first years of practice, dedicated to the needy. I dream about a free education system, welcoming all kind of children from all economic and social backgrounds, following the philosophy of the great pedagogue who is Maria Montessori. But I deeply think that most of the Montessori’s precepts can be adopted by any kind of school, in any places of the world, no matter the admission fee. More than fancy objects and beautiful buildings, Montessori for me is a way of living, a way of loving.


samedi 22 octobre 2016

Dia D - D Day - Jour J

Le grand jour est arrivé ! Ce soir, je rencontre les jeunes que je vais accompagner pour les deux prochains mois et leurs parents ! Au programme, petit thé de l’amitié et discussion/présentation. Je suis un poco nerviosa, mais contente d’aller sur le champ de bataille ! Je leur ai préparé à chacun des petits questionnaires pour savoir où ils en sont, et comprendre comment les aider. Je vous tiendrai au courant du déroulé de cette première session ! On compte sur 13 jeunes, et une dizaine de parents pour se réunir à  la Casa Intiwawa ce soir… Rachel m’a bien dit : « t’offusque pas s’il n’y a personne ce soir, tu te rappelles comment ça marche ici au Pérou !». Alors on verra bien !

En attendant, je vous laisse ici avec quelques clichés de la vie arequipeña.

Une vue du premier étage du marché San Camilo, le grand marché du centre-ville. On s’est mangé un bon rocoto relleno avec pastel de papa, et en dessert, la fameuse salade de fruits frais de la petite dame à la casquette !


 Tiens tiens tiens...Qui saura reconnaitre ce potager et cette bibliothèque ? Ces photos ont été prises dans la Casa Intiwawa cette semaine. Les petites graines que j’ai laissées il y a 3 ans sont toujours là :) qué alegria ! Les chiens Inti et Wawa sont nouveaux, mais le potager a résisté! (Pour ceux qui ne comprennent pas la référence, voici le lien vers l’article de mon ancien blog, détaillant une partie de mon séjour à Arequipa il y a 3 ans de ça.)






Hier nous sommes allés explorer les hauteurs de notre quartier, jusqu’au Mirador de Carmen Alto. Vue imprenable sur le Misti et le Chachani, à la tombée du jour, des coloris changeant à vu d’œil. Wow ! – désolée pour la mauvaise qualité des photos prises avec mon portable, la prochaine fois, je prendrai l’appareil pour de vrais Fred Godard !


Chachani

Misti et la vallée fertile

On se croirait presque à Saint Jean, non?!


Le Chachani dans sa rose robe de soirée.

Le Misti s'y met aussi, juste avant la nuit.

Vue sur la ville d'Arequipa qui s'apprête à illuminer la nuit de ses loupiottes oranges.
Et puis une petite photo de love-love tout de même!

mercredi 19 octobre 2016

Et 10 jours plus tard!


Coucher de soleil sur l'Amazone, quelque part
au milieu du Brésil entre la Guyane et le Pérou, depuis l'avion.

Aboiements des chiens du voisin, miaulement de Michi le chat de la maison qui pointe son nez par la fenêtre,  grincements amusants du couple de pigeons locaux qui ont installé leur petit nid en face du nôtre. « Tamales, tamales ! » alpague un vendeur ambulant au loin dans la rue où se croisent dans un ballet intarissable mini-taxis aux klaxons faciles et colectivos aux moteurs rugissants. Le Pérou, un pays bruyant ? Bruyant, non. Je parlerais plus volontiers d’un joyeux brouhaha plein de vie.

Quelques images de notre petit chez nous et des colocataires..!

Nos voisins directs!

Fenêtre sur cour

Locky, le petit chien sans poil de race ancestrale péruvienne.
Il est toujours tout chaud, à tel point que les Incas s'en servaient pour soulager leurs rhumatismes..!

La terrasse

Vue sur le volcan Chachani depuis notre roof-top!

La terrasse avec la cuisine presque à ciel ouvert!

Et nous voilà, au milieu de tout ça, blottis dans notre petite chambre au fond de la maison de Marta, située en plein cœur du quartier de Yanahuara. Déjà plus d’une semaine que nous avons posé sacs-à-dos et cartables à Arequipa. Quel plaisir de retrouver cette ville que j’ai tant chérie. Mais quelle drôle de sensation, également… Comme un air de déjà vu assez troublant. Il m’a bien fallu ces huit jours-là pour reprendre mes esprits, pour mettre de l’ordre dans ma caboche et dans les cartons que Rachel, cofondatrice du projet qui m’amène jusqu’ici, m’a laissés. Deux ans à suivre de loin (très loin) le développement de cette initiative, un été à écrire un mémoire sur le sujet, et zou ! Ca fait bizarre d’être sur place tout à coup…

Mais petit à petit, les objectifs de mon séjour m’apparaissent plus clairement : d’abord mettre en place des tutorats entre les jeunes de Mollebaya intéressés par les études supérieures, et des jeunes étudiants des universités d’Arequipa.  Qui est meilleur conseiller que celui qui est passé par les mêmes questionnements d’orientation, par les mêmes processus de postulation et d’inscription quelques années auparavant ? Pour se faire, il me faut d’abord rencontrer les jeunes du quartier, voir où ils en sont et quelles sont leurs attentes par rapport au projet K’iranakuy. Comme la communication est un peu compliquée à établir technologiquement parlant (ils n’ont pas internet à la maison, et ils sont peu nombreux à disposer de téléphone), j’ai pris mes jambes et je me suis rendue sur place hier après-midi pour inviter parents et participants à un « tecito » (un petit thé) samedi à 18h, pour que l’on se rencontre et que l’on parle du futur du projet. Yihi, l’aventure commence ! Il ne me fut pas facile de trouver les maisons de chacun, heureusement que Carolina, une jeune participante que je connaissais d’il y a 3 ans, m’a aidé dans ma quête à éviter les chiens et à toquer aux bonnes portes ! Pour l’heure, il me faut donc organiser la réunion de samedi.

Mon deuxième objectif concerne les collèges de la zone, notamment celui d’Obdulio Vizagarra (Mollebaya) et de Corazon de Jesus (Socabaya). Il me faut me mettre en contact avec eux pour me présenter aux enseignants responsables de l’orientation, afin de voir comment on pourrait coopérer. Rachel a commencé les démarches administratives pour que certains élèves bénéficient de bourses, il va donc falloir que je mette les pieds dans les rouages de l’administration péruvienne, et ce dès demain matin ! Affaire à suivre…
Pour finir, mon troisième objectif est sommairement administratif. Il s’agira pour moi de commencer les démarches pour rendre le projet officiel, et de déposer les statuts (association ? fondation ? ONG ? a ver, a ver…). De ce côté-là, j’ai la chance d’avoir rencontré par l’intermédiaire d’Alex, un jeune belge, Liebricht, ayant travaillé dans de nombreuses ONG et qui s’est proposé de me donner un coup de main jusqu’en décembre. Ouf, parce que les papiers, c’est, comment dire… pas mon fort !

Parallèlement à tout ça, je souhaite également créer un site internet pour nous donner plus de visibilité, tant aux participants, aux tuteurs, qu’aux futurs donateurs, et commencer une newsletter avec les gens qui souhaiteraient recevoir des nouvelles de l’avancée du projet (d’ailleurs, si vous voulez en être, manifestez-vous dans les commentaires :) ).

Dans les cours de philosophie, les enfants de l’école Bloom de Sarajevo étudiaient en philosophie un livre intitulé Signs of confirmation.  Dans ce livre, il s’agissait de les amener à trouver des signes dans les choses qui nous arrivent dans la vie, afin que l’on sache si on est sur le droit chemin ou non. Il y a une semaine j’étais perdue. Je me demandais même ce que je faisais là - bon, le fait d’avoir été lundi en Bosnie, mercredi en Bourgogne et vendredi à Lima peut expliquer mes questionnements. Mais j’étais déboussolée.  A 10h l’autre matin, je skypais avec Rachel. En parlant du tutorat, nous décidions qu’il serait judicieux que les jeunes et leurs tuteurs se rejoignent dans un café du centre-ville (évitant les déplacements des uns, et sortant les autres de leur quartier). Nous nous sommes dit qu’il serait bien d’avoir un partenariat avec un café, pour qu’on mette en place un système de tickets-restaurants que les jeunes pourraient utiliser pour s’offrir une boisson et un snack durant le tutorat. Pour éviter la gestion directe de l’argent par les jeunes, Rachel et moi avons eu l’idée de donner directement l’argent de manière hebdomadaire au gérant du café, qui servirait nos jeunes en échange de leur ticket. A midi ce jour-là, nous décidions avec Alex de tester un nouveau restaurant de notre rue. Paf, le gérant est français. Paf, il est sympa et vient d’ouvrir son café, avec terrasse et salle, au calme. Paf, la localisation est idéale, devant l’arrêt de bus menant directement  Mollebaya et à deux pas de l’université Santa Maria. Je lui propose mon idée, il est d’accord. Would  this be a sign of confirmation.. ?

Cette anecdote est la plus concrète. Mais régulièrement, je sens que quand quelque chose fait barrière à la progression du projet, quelqu’un arrive sur mon chemin, et ouvre la porte. Julio, un volontaire d’Intiwawa qui enseigne à l’Université et qui souhaiteraient faire rencontrer ses étudiants avec les jeunes… Libriecht, le spécialiste administratif des ONG… Alors moi, j’attends le prochaine barrière qui me fera rencontrer la prochaine solution !

Allez, assez philosophé, je vous partage quelques images de notre nouvelle vie Arequipena!

Place de Yanahuara

Balade dans les rues de Yanahura



Vue sur le Misti au coucher de soleil, depuis la place de Yanahuara

Coucher de soleil depuis un toit du centre-ville

Ahhh... enfin à la maison! Coincée dans le colectivo sur des sièges format Oompa Loompa, ça c'est le Pérou !